June 26th at 11:25am Posted in: News

INTERVIEW — Aïssata BEAVOGUI, Directrice Générale de Guinea Alumina Corporation

Guinea Alumina Corporation S.A. (GAC) est une société minière œuvrant dans les domaines de l’extraction et de l’exportation de bauxite métallurgique. Nous sommes une filiale à part entière d’Emirates Global Aluminium (EGA) établie aux Émirats arabes unis et exploitons présentement une concession minière de 690 km², située au Nord-ouest de la République de Guinée, à Boké, dans la sous-préfecture de Tanènè. Nous avons achevé en 2019 la construction des infrastructures minières qui nous permettent de transporter le minerai une fois extrait par chemin de fer vers nos installations portuaires à Kamsar, pour ensuite être expédié sur les marchés mondiaux par voie maritime. Nous sommes en phase de montée en puissance et une fois celle-ci réalisée, l’entreprise devrait produire environ 12 millions de tonnes de bauxite par an. Notre projet est l’un des plus importants investissements miniers en Guinée depuis les quarante dernières années avec un investissement de plus de 1,4 milliard de dollars.

Depuis sa création, vous êtes un des principaux partenaires de la BSTP à ce jour. Pourquoi ce choix ?

Nous n’avons pas encore les chiffres de 2019, mais je peux vous dire que nous avons effectué 49 millions de dollars américains d’achats locaux en 2018. La même année, 25 entreprises ont été formées afin qu’elles puissent comprendre nos normes d’approvisionnement et soumissionner à nos appels d’offres. Cela s’est traduit avec des contrats d’une valeur de 3,5 millions de dollars américains.

Notre collaboration avec la BSTP est un moyen supplémentaire pour favoriser encore et davantage l’achat local. Nous faisons les choses différemment. Nous travaillons à les faire bien afin que notre activité puisse bénéficier au plus grand nombre de Guinéens.

Quelle est, de façon concrète, la politique que vous adoptez pour le développement des achats locaux ?

Comme je l’ai expliqué précédemment. Nous travaillons à faire les choses bien afin que notre activité puisse bénéficier au plus grand nombre de guinéens. Nous privilégions les achats locaux lorsque les services et biens proposés répondent à notre cahier de charges. Et nous aidons les entreprises à pouvoir répondre au mieux de leurs capacités aux cahiers de charges de notre entreprise, en les formant notamment à nos normes d’approvisionnement et aux procédures de soumissions à nos appels d’offres. Nous travaillons à les aider à être compétitives en partageant avec elles nos procédures et nos valeurs en matière de santé et sécurité. Plus les entreprises locales comprennent nos attentes en matière d’achats de biens et de services, mieux elles parviennent à accéder à nos marchés.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans l’implémentation de cette politique ?

La majeure partie des entreprises qui souhaitent accéder à nos appels d’offres ne maîtrisent pas très souvent nos processus et ont des difficultés à adresser correctement les offres techniques et financières. Leur niveau de compétitivité est faible et fait qu’elles sont désavantagées vis-à-vis des entreprises étrangères. Nous tenons au contenu local, mais nous tenons aussi à ce que les biens et services que nous achetons auprès des PMEs locales répondent à nos critères de qualité. Nous travaillons avec elles pour leur permettre de lever ces obstacles et la BSTP est un outil d’appui à cette politique nous menons déjà depuis plusieurs années.

Quel a été selon vous l’impact de votre adhésion à la BSTP ?

GAC est le principal annonceur d’appels d’offres sur la plateforme de la BSTP. Vous pouvez vous-même le constater. Nous avons entièrement collaboré avec eux pour leur permettre d’avoir accès à notre base fournisseurs, les démarcher afin qu’ils puissent s’inscrire sur leur plateforme.

Depuis notre inscription, plus de 20 bons de commande ont été émis en faveur des entreprises inscrites sur la plateforme de la BSTP qui nous a permis aussi d’élargir notre base des fournisseurs qui ont une meilleure connaissance des procédures de GAC. Je tiens à souligner que 90 % des documents que la BSTP demande aux entreprises à leur inscription sont basés sur les modèles que nous avons partagés avec eux. Nous avons contribué à la mise en place de ces procédures au sein de la BSTP.

Comme toujours, nous avons joué un rôle de pionner en étant les premiers à nous engager auprès de la BSTP et nous continuerons à soutenir toutes les initiatives qui peuvent nous permettre d’avoir un impact réel sur la vie des Guinéens.

Nous faisons les choses différemment et nous voulons que notre activité profite au plus grand nombre de Guinéens, d’entreprises locales et au pays.

Dans le contexte pandémique que nous traversons, quelles sont les conséquences sur vos relations communautaires et quelles dispositions particulières avez-vous prises ?

La santé et la sécurité des communautés de notre concession minière sont une priorité pour nous. Nous leur prêtons à une attention particulière, encore plus en cette période de pandémie du Covid-19.

Nous avons entrepris, comme elle l’avait fait pour Ebola d’ailleurs, une vaste campagne de sensibilisation auprès des habitants de la région de Boké en diffusant notamment des messages de sensibilisation radiophoniques sur les gestes barrières à adopter et en affichant sur les grands axes routiers de la région des panneaux de sensibilisation à la maladie. Des agents de relais communautaires, formés et appuyés par GAC, ont porté les messages dans les villages de notre concession et expliqué les mesures de lutte contre la maladie en langues locales.

Notre action auprès des communautés ne s’est pas limitée à la sensibilisation et à la distribution de kits sanitaires de protection. La maladie a eu un impact sur les revenus des populations et sur les activités économiques de la région. Nous avons donc appuyé les femmes et les jeunes des communautés de notre concession à la réalisation d’activités génératrices de revenus. Tous les kits et les bavettes distribués dans le cadre de notre plan de riposte ont été achetés auprès des groupements et coopératives de femmes de notre zone d’activités. Nous avons commandé auprès de ces jeunes et de ces femmes qui ont été formées par GAC, 25 000 masques de protection, 25 000 morceaux de savon destinés à la désinfection des mains et 250 kits de lavage de main.

Les actions que nous menons au sein des communautés visent prioritairement à promouvoir l’entrepreneuriat social auprès des jeunes et des femmes afin qu’ils puissent contribuer au développement socio-économique de leurs localités.

Acheteurs et Partenaires

Top